C Conditions de travail : direction d'école
C COVID-19 : Conditions sanitaires
C COVID-19 : confiance de la hiérarchie ?
avatar Directrice dans le 33 - Gironde
Le 13T13:23:59.000000Z/11/2020 à undefined

Courrier addressé à un IEN par une directrice d'école maternelle

Bonjour M. XXXXXXX,
Ce mail ne s'adresse pas à vous (car vous subissez comme nous les pressions de notre institution au regard de l'heure à laquelle vous nous envoyez des mail) mais à l'institution au sens large.
Je suis fatiguée...
Fatiguée de devoir écourter mes vacances , rentrer dans la précipitation au mépris du couvre feu de certains départements afin de pouvoir rentrer à temps pour organiser, dès le vendredi matin, avec la municipalité l'accueil des élèves avant 10h pour le jour de la rentrée.
Fatiguée d'avoir des injonctions la veille, applicable pour le lendemain ou presque au mépris du droit au repos des week-end ou des vacances comme tout salarié.
Fatiguée d'avoir des protocoles qui changent sans cesse, s'empilent et se contredisent sans savoir lequel privilégier et donc d'avoir un sentiment de doute permanent : ai-je fait les bons choix?
Fatiguée d'apprendre par la presse les informations concernant l'école avant de les avoir par notre institution alors que nous sommes les premiers concernés et devront les appliquer sans délai.
Fatiguée du peu de considération que l'on a à propos de notre surcharge de travail (toujours pas d'allègement depuis le suicide de notre collègue en début d'année dernière) et toujours pas de temps de décharge supplémentaire mais toujours plus de missions et de travail supplémentaire.
Fatiguée...
Certaines entreprises ont été condamnées pour harcèlement moral parce qu'elles envoyaient des mails à leurs salariées le soir ou le week-end , que dire alors avec des injonctions de communication aux parents "demain au plus tard" de notre ministre pendant nos vacances ?

J'invite tous mes collègues directeurs à ne plus ouvrir leur boite mail du vendredi soir au lundi matin.
Nous aussi nous avons le droit au repos.
Nous aussi nous devrions avoir le droit de faire ce que nous demande l'institution pendant notre temps de travail et non pas sur nos temps de repos.

Beaucoup de collègues directeurs me connaissent et savent que je ne compte pas mes heures et avec quelle passion et je pense sérieux j'essaie d'accomplir ma tâche de directrice mais maintenant trop c'est trop.
J'en ai assez de discuter avec mes collègues directeurs à bout de force, les larmes aux yeux...
Il faut que l'institution prenne soin de nous comme nous prenons soin de nos élèves.
La bienveillance devrait s'appliquer à tous.
Je vous remercie M. XXXXXXX pour votre bienveillance mais cela ne suffit pas à compenser la maltraitante que notre institution nous fait subir.
Bien cordialement,